Geneviève Laroque

Geneviève Laroque est une référence de la gérontologie en France. Cousine de Pierre Laroque, le fondateur de la Sécurité sociale, qui a publié en 1962 le célèbre rapport sur le vieillissement, elle va suivre sa trace.

 

Elle a débuté sa carrière au ministère des Armées, à l’aviation civile, puis a présenté l’ENA (promotion Stendhal 1963-1965) alors qu’elle était déjà mère de trois enfants. Elle a ensuite travaillé dans différents ministères : d’abord l’Éducation nationale, puis l’Assistance publique, ensuite le ministère de la Santé, enfin elle est devenue Inspecteur général des Affaires sociales.

 

Ainsi, elle devint directrice déléguée de l’Assistance publique-hôpitaux de Paris, en charge des longs séjours et participa au mouvement d’humanisation des hospices. Puis, en tant qu’inspectrice générale des Affaires sociales, elle publia plusieurs rapports notables sur les soins palliatifs en 1985, sur les personnes âgées dépendantes en 1989 et sur le vieillissement des personnes handicapées en 1995. Elle a été également très active dans la dénonciation du phénomène de sur-psychiatrisation des personnes âgées.

 

En 1991, elle devient présidente de la Fondation nationale de gérontologie, où elle contribue au développement de la recherche française dans ce domaine et se bat en faveur d’une meilleure prise en charge des personnes en perte d’autonomie.

 

Elle a écrit de nombreux articles dans diverses revues et notamment les éditoriaux de la revue de la FNG, Gérontologie et société.

 

Elle participait encore récemment aux groupes de réflexion, séminaires et colloques de l’administration et de la CNSA concernant les politiques pour les personnes en perte ou en manque d’autonomie.

 

Comme disent tous ceux qui l’ont bien connu, « Elle aura été de tous les combats, de toutes les réflexions, de tous les débats. »

HISTOIRE de Morangis
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Carte de « Morangis » d’après Cassini.

Maison de Convalescence.

1967-Le château tel qu'on pouvait le voir avant sa démolition

Morangis, appelé autrefois Louans, apparaît pour la première fois dans un texte écrit en 1175. Auparavant, il est difficile de retracer l'histoire de ce village éloigné des grandes routes. Il est probable que l'habitat permanent soit apparu tardivement et qu'il n'y en avait pas à l'époque romaine. La superficie de Morangis avant la Révolution était semblable à la superficie actuelle (444 hectares environ contre 480 actuellement). Ce territoire était principalement occupé par des terres agricoles, par le château et par diverses confréries religieuses. Une centaine d'habitants se seraient alors regroupés autour de ce château et de l'église Saint-Michel construite au XIIIème siècle.

De cette église, ne subsiste que le clocher. Aux XVIème et XVIIème siècles, Morangis accueille certains bourgeois parisiens devenus nobles, après avoir exercé des charges publiques. La population commence alors à augmenter. Au milieu du XVIème siècle, l'église fut agrandie pour pouvoir recevoir ces nouveaux fidèles : les chapelles latérales et le chœur furent reconstruits. Les habitants étaient en majorité des vignerons, des paysans et des manouvriers. Les plus riches étaient les fermiers des exploitations possédées par le seigneur, par les religieux du prieuré de Saint-Eloi de Longjumeau, par ceux du couvent de la Saussaye à Villejuif et par l'Hôtel Dieu de Paris.

 

Origine du nom de la commune

Jean-Jacques de Barillon, seigneur de Louans et Chancelier du Roi, après avoir obtenu en 1689 l'élévation de Louans en Comté, voulait accuser sa parenté avec son oncle, Paul de Barillon, ambassadeur à Londres et ami de Madame de Sévigné qui était l'homme en vue de la famille, alors que Jean-Jacques était plus effacé. En 1693 le Roi accède à sa demande et fait échanger et commuer le nom de Louans en Morangis, du nom du village de Champagne (près d'Epernay), dont Paul de Barillon était le seigneur. Morangis porte donc le nom d'un village champenois du fait de la «fantaisie» de son seigneur. 

Morangis durant la Révolution Française

Si la période révolutionnaire a duré une dizaine d'années, la marque propre de Morangis dans l'histoire de France n'a guère été au-delà de la première semaine : le 22 juillet 1789, Joseph Foullon, Seigneur du village de Morangis est pendu, en compagnie de son gendre, Berthier de Sauvigny, Intendant de Paris, à un réverbère devant l'Hôtel de Ville de Paris. Ainsi, le comte de Morangis figure parmi les trois premières victimes nobles de la Révolution. Il faut bien avouer que Foullon, ancien Intendant des Finances renvoyé par Turgot, avait eu certains mots malheureux : «Si les paysans ont faim, qu'ils mangent de l'herbe, mes chevaux s'en nourrissent bien» aurait-il dit lors d'une famine. 

L'historien Jules Michelet avait dit de lui : «Il s'engraissa du jeûne des Français et de la sueur des Allemands», évoquant à la fois son passé militaire et son expérience aux Finances. 

Et après...

Jusqu'en 1950, la caractéristique principale de Morangis était la prépondérance de l'agriculture sur les autres activités économiques. La vie apparaît relativement calme. Au début du XIXème siècle, un collège religieux s'installa dans le château de Morangis. En 1850, les Dames de la Congrégation Sainte-Marie de Lorette achètent une maison bourgeoise pour établir une succursale de leur œuvre. Quelques temps après ce sont les religieuses de Notre Dame des Anges qui achètent une belle propriété, l'actuel Espace Saint-Michel. Elles y établirent un orphelinat qui subsista jusqu'en 1974. L'Institution Saint-Joseph témoigne encore aujourd'hui de ce passé religieux. Ainsi, Morangis est très marquée par la présence des congrégations religieuses. On comprend donc mieux les débats houleux qui ont agité le village et le conseil municipal lors de la mise en place de la loi de séparation de l'Eglise et de l’État en 1905.

En 1894, l'ouverture de la ligne de chemin de fer Paris-Arpajon - «L'Arpajonnais» - qui passait par Morangis, contribua énormément au développement de la commune. Cette ligne fut fermée en 1936, la gare se situait à la place du quartier de l'Ormeteau . A partir de 1921, les premiers lotissements pavillonnaires sont créés. Entre 1921 et 1931 la population passe ainsi de 459 à 2 043 habitants. La motorisation de l'agriculture débute en 1928 et la première briqueterie industrielle est ouverte en 1930. C'est le début de l'industrialisation de Morangis.

Le 24 août 1944, la Division Leclerc libère la ville. Elle sort de la guerre avec son château en ruine, brûlé, juste avant la Libération, lors du départ des troupes d'occupation allemandes. L'actuel Hôtel de Ville et la Salle des Fêtes, édifiés par l'architecte Morangissois Emile Ramadier en 1958, sont situés sur l'emplacement de l'ancien château. Au début des années 1960, l'activité agricole de Morangis a alors quasiment disparu. L'aéroport d'Orly vient d'être construit, l'autoroute du Sud (A6) est inaugurée en avril 1960 et sur l'emplacement des anciennes briqueteries ruinées, une zone industrielle est créée en 1963-1964.

LE DISPENSAIRE

Sur l’emplacement de la propriété du dispensaire (aujourd’hui la ZAC centre Ville) s’élève la première ferme seigneuriale.
Au début des années 1700 elle est remplacée par des bâtiments érigés à l’entrée du domaine du château.
Les fermiers y conserveront leur maison d’habitation jusqu’en 1865, les terres seront louées à Alfred Fanost et la propriété vendue.

En 1934, les soeurs de la Congrégation de Saint-Vincent-de-Paul acquièrent la propriété pour y fonder une maison de convalescence dépendant de l’hôpital Saint-Michel, situé 33 rue Olivier de Serre à Paris, sans relation avec l’orphelinat Saint-Michel.

En 1954, des Dominicaines ouvrent un dispensaire.
Les soins à domicile constituent leur activité principale.
Elles prirent longtemps en charge la protection maternelle et infantile de la commune.
Elles s’acquitteront de leur tâche avec dévouement envers les malades de tous rangs sociaux et de toute confession.

Une chapelle est érigée au-dessus du portail d’entrée, entre les locaux du dispensaire et la maison d’habitation.
En 1982, le dispensaire est transformé en maison de repos pour les religieuses.
Elles jouissent de la tranquillité dans un grand parc arboré.
Un verger et le vaste potager attenant fournissent les fruits et les légumes.
En 1995, le domaine est acheté par la Commune.
Un centre de loisirs et des locaux pour les associations y sont aménagés.  En 2005, la propriété est vendue à un promoteur et avec la démolition programmée des bâtiments

LE CHÂTEAU

En 1699, le Comte de Morangis, Jean-Jacques de Barillon, fait démolir le vieux château féodal et fait édifier une demeure plus adaptée aux goûts de l'époque.

L'architecte Jules Hardouin-Mansart en dresse les plans. La demeure seigneuriale est entourée d'un grand parc «à la française». Une pièce d'eau, à l'intérieur du parc s'étend sur 25 ha. Elle est alimentée par le ru du Bief. En lieu et place d'anciennes maisons, le seigneur des lieux fait bâtir un imposant corps de ferme et ses dépendances (aujourd'hui l'Espace Foullon).

 

En 1735, Jean Masson de Plissay, secrétaire du Roi, achète le domaine de Morangis.

En 1723, le château est entouré de fossés remplis d'eau, d'une cour, d'un parterre et d'un grand parc à la française de 30 hectares avec ses allées et ses avenues d'ormes. Un canal alimente le lac en eau.

Le terroir de Morangis a une superficie de 420 hectares ; le seigneur à lui seul, en possède 166 et la ferme seigneuriale en couvre 130 hectares.

Le mur d'enceinte du parc était ouvert sur quatre entrées. Une à l'Est, sur la route de Wissous à Savigny, une au Nord sur le chemin de Morangis à Longjumeau, rue Général Leclerc, une au Sud rue Lavoisier et une à l'Ouest rue Victor Hugo.

 

Quatre-vingts ans après sa construction par Jean-Jacques de Barillon, premier comte de Morangis, le château est annexé par les révolutionnaires parisiens et devient "bien national" en 1789. Il sera finalement rendu aux héritiers de Foullon, décapité en juillet de la même année. La mort du dernier comte de Morangis sonne le glas du règne des seigneurs de Morangis.

 

En 1791, Jacques Rillet, banquier suisse ami de Necker, acquit le château et le domaine pour 600 000 livres. Contrairement à feu son prédécesseur, il s'intéressa à la vie de la commune et fut conseiller municipal, fonction qu'il occupa jusqu'en 1806. Il finança la réparation de la descente de l'abreuvoir et légua une rente perpétuelle de 200 livres au bureau de bienfaisance.

 

En 1878, Jean Dandlau, dernier héritier de la lignée vend le domaine en trois lots : les terres, les bâtiments, le château.

Les terres, dont la majeure partie est acquise par les cultivateurs du village, les bâtiments de la ferme et les communs achetés par le duc de Las Cases qui le rétrocèdera à un Fanost, enfin le château et les cinq hectares l'environnant, deux hectares de bois et l'orangerie, sont vendus 10 000 francs à l'abbé Louis Brisson.

L'abbé, fondateur en novembre 1871 de la Congrégation des Oblats de Saint-François-de-Salle, établira, après quelques réparations et aménagements nécessaires, l'école Saint-Sauveur, collège religieux qui recevait 50 garçons de 5 à 17 ans, en internat.

La loi de 1901 qui porte dissolution des congrégations religieuses sonne le glas des activités du collège.

Après de longues procédures judiciaires, la mise en adjudication du domaine a lieu le 28 décembre 1911. Mademoiselle Frichot achète le château et au nom de la communauté des Soeurs de Saint-Raphaël utilise le bâtiment comme maison de retraite, «La solitude». Après la guerre de 1914-1918, les religieuses accueillent des mères seules et abandonnées.

 

Durant la seconde guerre mondiale, du matériel, notamment pour l'aviation, y est entreposé.

Lors de l'évacuation des troupes allemandes, le 18 août 1944, le château est incendié. Le colombier et les bâtiments de la ferme subissent le même sort. 

Le nouvel Hôtel-de-Ville et la salle des fêtes furent construits sur son emplacement.

Source : APME Section Histoire Locale